Quelques normes d'élaboration

des typologies céramiques et des notices d'accompagnement



On rappelle ici quelques normes de rédaction, de classement et de codification issues pour la plupart de l'avant-propos de DICOCER[1] (Lattara 6), mais qui restent d'actualité. Les exemples fournis sont également ceux traités dans DICOCER[1].

. Notices introductives

Pour chaque type de céramique envisagé, le catalogue des formes est précédé d'une brève notice. On y trouvera systématiquement une définition et un historique de la catégorie concernée, avec indications bibliographiques de portée générale, des indication sur les lieux et les périodes de production, des références aux analyses qu'elle a suscitées, des informations éventuelles sur l'élaboration de sa typologie, et une liste des principales études régionales qui lui ont été consacrées, réparties par grandes zones géographiques.

. Dessin des vases

Les dessins accompagnant la définition de chaque forme de vase sont donnés plus à titre d'aide-mémoire que de véritable illustration. Pour des raisons techniques en effet (dont la plus importante est le temps de téléchargement sur Internet), ces dessins digitalisés sont fournis à échelle réduite.

L'échelle n'a pas à être indiquée sur le dessin, mais la fourchette des tailles dans lesquelles chaque forme se rencontre doit être indiquée dans la rubrique "dimensions" de chaque fiche.

Les formes de vases pour lesquelles il s'avère difficile de trouver une illustration graphique normalisée (avec coupe et profil) peuvent être illustrées faute de mieux par un dessin en perspective ou une photographie à 72 ppp.

Il va de soi que le lecteur désirant des informations plus précises sur les détails ou la variabilité d'un profil devra se reporter à la bibliographie donnée soit dans la notice introductive de la catégorie, soit dans la description de la forme en cause.

. Codification des catégories

La codification des catégories répond à l'obligation d'inclure l'identification de la céramique classée dans le numéro de la forme. Il est donc nécessaire de créer pour chacune un sigle suffisamment abrégé pour qu'il soit manipulable, mais aussi suffisamment clair pour respecter une certaine efficacité sur le plan mnémotechnique. Quelques règles s'imposent donc.

D'abord distinguer les amphores de transport des vases de vaisselle: tous les codes correspondant aux séries d'amphores doivent commencer par le préfixe A- suivi de l'abréviation du type d'amphore.

Les codes identifiant les amphores traduisent le plus souvent (comme c'est l'habitude) la provenance, soit une cité (p. ex. A-MAS: amphore de Marseille...), soit une région précise (p. ex. A-BET: amphores de Bétique, A-TAR: de Tarraconaise, A-PE: puniques ébusitaines...), soit une région lâche (p. ex. A-ETR: amphores étrusques; A-PUN: puniques; A-GAUL: gauloises). Dans ce dernier cas, il est courant qu'une notion chronologique interfère avec la notion géographique: ainsi A-GRE (amphores grecques) est réservé par l'usage à l'époque préromaine, tandis que A-ORI (amphores orientales) concerne l'époque romaine. De même sont réservées à l'époque préromaine les appellation chrono-géographiques telles que A-IBE (amphores ibériques), A-ITA (amphores italiques, sous-entendu républicaines), que complète A-ITI (amphores italiques impériales). Une combinaison est possible sur ce point entre code de catégorie et code de forme: par exemple, pour les amphores grecques, regroupées dans la catégorie A-GRE, c'est le numéro de forme qui apporte une précision géographique.

Pour les catégories de vaisselle, les choix possibles sont plus divers. Beaucoup de codes, en fait, résument des appellations traditionnelles, dont la signification est la plupart du temps à la fois géographique et typologique: p. ex. CELT (de type et/ou d'origine celtique); COT-CAT (un type précis de céramique à pâte grise de la côte catalane); CAMP-A, CAMP-B, CAMP-C (vernis noirs campaniens de type A, B, C), etc...

Mais la signification peut être aussi:

- géographique et technologique : p. ex. CAT-ENG (catalane engobée), AT-VN (attique à vernis noir)...

- technologique, chronologique et géographique: p. ex. CNT-LOR (céramique non tournée protohistorique du Languedoc oriental) que complète CNT-ROL (céramique non tournée romaine du Languedoc); CL-HERAULT (céramiques à pâte claire des IVe-IIIe s. de la vallée de l'Hérault); SIG-IT, SIG-SG (sigillée italique, sigillée sud-gauloise d'époque impériale, tandis que des vases antérieurs de même technique sont rangés sous B-H-R: bols hellénistiques à reliefs)...

- uniquement technologique ou descriptive, les autres dimensions étant sous-entendues: p. ex. CL-ENG (claire engobée), GR-MONO (grise monochrome)...

Et encore d'autres implications, que régit la sémantique très spéciale du vocabulaire céramologique.

Outre A- pour "amphore", on notera l'emploi de quelques abréviations normalisées: ainsi AT- pour "attique", CL- pour "pâte claire", GR- pour "pâte grise", CNT- pour "céramique non tournée", COM- pour "commune" (mais cependant CCT- pour deux catégories archaïques de "céramique commune tournée")...

. Numérotation des formes

Les numéros de forme suivent des règles tout aussi diverses: ici encore, le souci doit être de s'adapter au maximum aux habitudes les plus ancrées, et aux multiples systèmes proposés par les typologies de référence lorsqu'il en existe. Pour ce qui concerne la création de classements nouveaux, c'est l'adaptation aux matériels étudiés, qui se prêtent soit à des constructions logiques, soit seulement à des inventaires de formes, qui engendre la diversité.

Le principe de "série"

L'un des principes les plus intéressants appliqués à certaines céramiques (et qui devrait être en fait appliqué à toute nouvelle typologie) est celui de "série". Ce terme est employé pour caractériser des groupes de formes parmi lesquelles seront ensuite distinguées des variantes. Les séries peuvent prendre:

- soit un numéro d'ordre, d'ou dérivera le numéro des variantes par l'ajout de lettres: p. ex. CNT-LOR C1, englobant tous types de coupes non tournées protohistoriques du Languedoc oriental à vasque arrondie-convexe et à bord divergent ou parallèle, développé en CNT-LOR C1a, C1b, C1c...; ou encore CELT 2, série regroupant tous types d'urne celtique à fond plat ou creux, développé en CELT 2a, 2b, 2c...

- soit un numéro en nombre rond (dizaine, centaine) d'où dérivera le numéro des variantes par l'ajout d'unités: p. ex. CL-MAS 230, série englobant toutes coupes ou ecuelles à profil arrondi et bord arrondi, et subdivisée ensuite en variantes CL-MAS 231, 232, 233...

- soit le numéro zéro d'une suite que prolonge le numéro des variantes: p. ex. AT-FR Pe0, englobant toutes les sortes de pélikés attiques à figures rouges, dont les types sont précisés en AT-FR Pe1, Pe2...; ou encore UNGUENT B0, tous types d'unguentarium fusiforme à pied long et col haut, série développée en UNGUENT B1, B2, B3...

Bien entendu, le numéro de série doit être considéré comme un type de forme à part entière, et utilisé en tant que tel. L'avantage de distinguer cette sorte de "conteneur", suivant un critère typologique, est d'offrir la possibilité de classer des éléments de vase répondant à ce critère, mais trop fragmentaires pour permettre de déterminer une forme ou une variante précise. On saisit l'intérêt d'une telle procédure pour les fouilles d'habitat, où le matériel céramique se présente en majorité à l'état de tessons.

Types de numérotation

Les codes admis pour la numérotation des formes représentées dans une catégorie de céramique sont de plusieurs sortes. Voici une idée des principaux systèmes utilisés dans DICOCER[1]:

a) Liste numérique simple et continue (de 1 à n): p. ex. COM-MEDIT 1, 2, 3...; A-GAUL 1, 2, 3...; CLAIR-B 2, 3, 4, etc...

b)   Liste continue de chiffres complétés par des lettres indiquant le plus souvent des subdivisions à l'intérieur d'un grand type: p. ex. A-ETR 3A, 3B, 3C, 4, 4A pour les amphores étrusques; D-S-P 1a, 1b, 1c, 2, 3a... pour la céramique estampée dite "paléochrétienne". Chiffres et lettres peuvent aussi servir à structurer un classement en séries, formes et variantes. Ainsi pour la céramique à pâte claire récente, les séries sont numérotées à la suite (CL-REC 1, 2, 3...), et les formes sont distinguées en ajoutant une lettre au numéro de série: CL-REC 1a, 1b, 1c... De son côté, la céramique à pâte claire massaliète utilise les centaines pour répartir les grandes catégories de forme, les dizaines pour dénommer les séries, les unités pour les formes, et éventuellement une lettre pour distinguer des variantes: par ex. série CL-MAS 410, forme CL-MAS 414, variantes CL-MAS 411a, 411b...

c) Liste comprenant des chiffres simples ou composites combinés avec le signe "/", indiquant soit une forme intermédiaire entre deux profils classés par ailleurs: p. ex. CAMP-A 5/7; soit le regroupement de deux profils distingués par ailleurs: p. ex. A-ETR 1/2.

d) Liste de numéros simples comme a), ou composites comme b) et c), mais discontinue, du fait de la référence à une classification dont certains numéros seulement sont utilisables pour la catégorie en cours: p. ex. AF-CUI 26, 27, 182... (africaine de cuisine, par référence à Hayes 1972), CAMP-A 5, 5/7, 6, 8B, 23... (campanienne A, Lamboglia 1952), PET-EST 1124, 1323, 1514... (atelier des petites estampilles, Morel 1981). Ou bien du fait qu'on fait référence dans une même catégorie à plusieurs classifications: p. ex. CAMP-A 42Bc, 49, 2943, utilisant successivement Bats 1988, Lamboglia 1952 et Morel 1981.

e) Numérotation alphanumérique se rapportant à une classification de référence ou à plusieurs classifications complémentaires, et utilisant un préfixe d'une ou plusieurs lettres désignant la typologie utilisée pour chaque forme. Ce préfixe peut correspondre à l'abréviation du nom de l'auteur de la classification en question, ou bien à une référence géographique, un type ou autre, employé par cette classification et passé dans l'usage. Par ex. A-BET Dr9, amphore de Bétique correspondant au numéro 9 de la table de Dressel 1895 (auteur); A-LUS A50, amphore de Lusitanie correspondant au type 50 d'Almagro 1955 (auteur); A-ORI Kno19, amphore orientale du type 19 de Knossos (lieu); A-ORI Lra5, pour "Late Roman Amphora" de type 5 selon la terminologie de Riley 1981 (type); etc...

f) Même principe que e), mais totalement alphabétique lorsque l'auteur (auquel fait référence le préfixe) a classé les formes avec des lettres: p. ex. A-GR-ITA LWa, LWb, LWc..., amphores gréco-italiques classées a, b, c... par la typologie de Lyding-Will 1982; ou lorsque la référence ne comporte qu'un nom de lieu: p. ex. A-PUN CCNN pour amphore punique du type "du campement de Numance".

g) Numérotation alphanumérique combinant un classement par zone de production et un classement par type. Le préfixe, dans ce cas, indique la région de provenance: par ex. A-GRE Att0, Att1A, Att1B, Att1C, Att2A... (amphores grecques attiques de série 0 et de type 1A, 1B, 1C, 2A...), puis A-GRE Chi0, Chi1, Chi2... pour les amphores de Chios et apparentées; A-GRE Cla0, Cla3B, Cla5A... pour les amphores de Clazomènes et apparentées, etc...

h) Numérotation alphanumérique combinant un classement des formes par leur appellation --antique ou moderne--, et un classement numérique à l'intérieur de cette appellation. C'est en général le cas des céramiques grecques, où l'on a respecté l'usage anglo-saxon en la matière: par ex. AT-FN Am0, Am1a, Am1b... pour les amphores attiques à figures noires; GREC-OR Cr0, Cr1, Cr2... pour les cratères grecs orientaux, etc... Système repris par Rasmussen 1979 pour le bucchero nero étrusque, ce qui donne ici: B-NERO Cl1, Cl2, Cl3... pour les calices de type 1, 2, 3..., etc...

i) Numérotation alphanumérique où un préfixe alphabétique désigne une série de formes, et des numéros suivant ce préfixe désignent les variantes attestées. Le préfixe peut correspondre à une simple énumération (séries A, B, C...), ou bien représenter l'abréviation du nom courant attribué à la forme de la série (p. ex. C pour coupes, J pour jatte, U pour urne...). Le premier cas est illustré par les céramique communes gallo-romaines, où les lettres de série et les numéros de forme sont les mêmes pour les profils apparentés dans toutes les catégories de communes: p. ex. FUMIGEE A10, B5, C1..., correspondant à P-CHAUX A10, B5, C1..., ou encore aux formes semblables de SABL-OR. Le second cas, où la lettre abrège un type de forme, est appliqué aux céramiques non tournées protohistoriques: par ex. CNT-LOR C1, J1, U1, V1 pour "Coupes, Jattes, Urnes, couVercles".

j) Numérotation combinant un chiffre romain et un chiffre arabe, et renvoyant à une illustration de référence: p. ex. AF-CUI CVII-9, pour céramique africaine de cuisine du type de la planche CVII, n°9 de l'Atlante delle forme ceramiche 1981.

k) Numérotation tout en chiffres arabes, comportant un nombre ou deux nombres séparés par un tiret, qui renvoie à un exemplaire ou une série d'exemplaires d'un catalogue pris comme référence. Le cas typique est celui de la céramique attique à vernis noir, classée par rapport au catalogue raisonné des trouvailles de l'Agora d'Athènes (Sparkes 1970). Par ex. AT-VN 254, faisant référence au vase n°254 de cette publication; ou bien AT-VN 1022-1045, faisant référence à une suite de pièces. Même système, avec un autre catalogue de référence, pour B-H-R 1, 2, 3... (bols hellénistiques à relief), par exemple.

l) Numéro précédé du préfixe "bd" lorsque c'est uniquement une forme de bord qui est classée.

Notons enfin que plusieurs systèmes peuvent co-exister dans une même catégorie: par exemple a) et e) dans le cas des amphores gauloises: A-GAUL 1, 2, 3...12, puis A-GAUL Dr1 (=Dressel 1)... Pa1 (=Pascual 1)...; b) et e) pour les amphores massaliètes impériales: A-M-I 6a, 6b, 7a..., puis A-M-I Dr1B, Dr2-4 (Dressel 1B, Dressel 2 à 4)... Un bon exemple de cohabitation est donné par la numérotation proposée pour les amphores puniques.

. Nom de la forme en clair

Une fois énoncé le code de numérotation, est indiqué le nom courant qui peut s'appliquer à chaque type de forme. Le choix de ces appellations "en clair" illustre encore une fois la volonté de tenir compte des habitudes acquises.

On a en effet écarté les options qui auraient abouti à une normalisation stricte de cette terminologie, qu'elle repose sur l'ethnographie (l'usage supposé des vases eux-même, sujet sur lequel nous reviendrons ci-après) ou sur des mesures et autres calculs de taille, de proportions, etc...

Des expériences récentes de classement reposant sur de tels critères ont montré, croyons-nous, suffisamment leur limites. Les concepts sous-tendant les noms de vases varient en effet avec les cultures: on s'accordera par exemple assez facilement à penser qu'une "coupe" et un "bol" sont faits pour boire, mais quelle action évidente évoque le terme de "jatte"? Et qui pourra tracer, autrement qu'en théorie, une frontière nette entre "pot" et "marmite", "cruche" et "pichet", "écuelle" et "assiette", et bien d'autres? Ce mélange d'imprécision et de précision faisant tout à la fois la richesse des langues, le bonheur du poète et le désespoir du typologue.

Quant aux mesures et calculs, s'ils peuvent servir à définir des limites théoriques entre les variantes d'une série homogène, il était difficile d'en systématiser l'emploi pour un matériel aussi divers que celui traité ici.

Aussi s'est-on conformé le plus souvent à l'usage. Quelques commentaires sur les termes employés ne sont cependant pas inutiles. On distinguera notamment:

- Des termes courants, tels que assiette, bol, coupe, coupelle, couvercle, cruche, gobelet, jatte, marmite, plat, urne, pris dans leur sens le plus usuel, et caractérisant la majorité des formes de vases. Ces appellations générales peuvent être complétées par la mention d'éléments ajoutés à la forme simple: par exemple bol à anses, coupe à deux anses, coupe à pied, gobelet à une anse, urne à oreillettes; ou d'un caractère particulier du profil: par exemple bol caréné, couvercle en Y, plat à marli, urne basse, urne sans col.

Certains de ces termes, bien que pris au vocabulaire courant, peuvent traduire mot à mot une expression consacrée du vocabulaire typologique (notamment pour les vases grecs): ainsi coupe à une anse ("one-handled cup"), coupe sans tige ("stemless"); ou bien être précisés par un critère de classement: par exemple coupe type B, coupe type C.

- Des termes courants ou assez courants, évoquant des usages plus spécialisés, tels que bouchon d'amphore, encrier, entonnoir, faisselle, gourde, mortier, poêle, support, vase plastique; ou encore un élément de forme, lorsque c'est celui-ci qui est classé: par exemple bord.

- Des termes d'origine antique mais passés dans l'usage courant, tels qu'amphore, calice.

- Des termes correspondant à des noms de vases antiques, francisés ou non: soit grecs, tels que alabastre, amphorisque, aryballe, askos, caccabé, canthare, chytra, cratère, dinos, hydrie, kalathos, kernos, kyathos, kylix, lebes gamikos, lécythe, lécythe aryballistique, lekané, lopas, loutrophore, mastos, oenochoé, olpé, peliké, plémochoé, psykter, pyxis, skyphos, stamnos; soit latins, par exemple caccabus, dolium, guttus, olla, patina, situle, unguentarium; soit encore un mélange de termes actuels et antiques: ainsi coupe-skyphos.

- Des termes créés spécifiquement pour une forme: notamment les mots composés par Beazley pour la céramique attique, tels que Acrocup, Bolsal, Castulo cup, Vicup.

On évitera par contre les termes comparatif ("vase en forme de chaudron, de sac, etc..."), à de rares exceptions près, telle que urne balustre, passé dans l'usage.

Notons que le mot amphore est employé, suivant la tradition antique, dans deux sens différents, selon qu'il s'agit d'un conteneur de transport (amphores à vin, à huile, à garum), ou bien d'un vase de vaisselle (vase fermé muni de deux anses verticales). Le contexte de classement ne suscite néanmoins aucune confusion entre les deux genres, les amphores de transport étant traitées à part grâce au préfixe A- du code de forme.

. Références typologiques

Les références typologiques sont de trois sortes:

- Référence : Il s'agit de la "classification de référence", avec renvoi bibliographique (auteur-année) qui indique la typologie à laquelle a été emprunté le numéro donné à la forme en cours. Si le numéro a été nouvellement créé, cette rubrique doit être laissée vide.

- Équivalences : cette rubrique sert à indiquer le ou les numéro(s) attribué(s) à la forme en cours soit dans d'autres classifications que celle prise comme référence, soit dans des classifications non utilisées si la forme est classée sous un nouveau numéro.

- Exemples : rubrique destinée à offrir une ou plusieurs références bibliographiques où l'on trouvera des illustrations caractéristiques de la forme en cours.

. Description de la forme

Un bref paragraphe doit être consacré à la description morphologique du type de vase classé sous le numéro courant. Cette description, qui peut être réduite à quelques mots, procède généralement du haut en bas. Elle souligne principalement les critères qui permettent de distinguer la forme en cause des types voisins. Lorsque la forme fait partie d'une série, la description peut ne relever que les caractères distinctifs de la variante, et donc être complémentaire de la description générale de la série donnée plus haut. Exceptionnellement, des caractères techniques (sur la pâte, la couverte, le décor...) sont énoncés, lorsqu'ils concourent à la définition de la forme.

. Notions d'utilisation

Pour chaque série ou forme de vase, doit figurer un minimum d'informations sur l'usage qu'il a pu en être fait. Cette dimension, dont on sait l'importance pour l'histoire sociale et culturelle, est cependant réduite ici à une approche extrêmement schématique, destinée à permettre un traitement automatisé des lots de vases retrouvés en connexion dans les cellules d'habitat.

En fait, cette rubrique se réfère à une liste de mots-clé, limitée aux vingt termes (mot simple ou couple de mots séparés par un tiret) suivants:

C'est évidemment bien peu pour caractériser les usages, combien multiples, des vases en céramique dans les sociétés anciennes. Mais, s'agissant de mots-clé, le but est de définir des "classes": et chacun sait qu'au-delà d'un certain nombre de classes, l'étude statistique perd toute lisibilité et donc tout intérêt.

Précisons l'emploi fait de cette liste de termes. On choisira un ou deux de ces mots-clé pour caractériser la fonction générale attribuée à chaque forme: un seul lorsque l'utilisation paraît univoque, deux lorsqu'il existe une certaine polyvalence. Dans ce dernier cas, le premier terme sera considéré en théorie comme porteur de 75% de l'information, le second de 25%: il s'agit donc, dans l'ordre, d'indiquer une utilisation principale et une utilisation secondaire. Étant encore entendu que la notion d'utilisation secondaire signifie seulement "moins fréquente", et exclut donc tout ce qui sort du prosaïque ou du quotidien, tels que les usages funéraires ou votifs de vases courants (le terme "rituel" étant réservé aux vases dont la fonction primaire était de figurer dans les pratiques religieuses).

Le terme "divers" s'emploie lorsqu'une forme paraît adaptée à des fonctions spéciales, voire multiples, non prévues dans la liste standard. La signification du terme "indéterminé" va de soi.

Les autres mots-clé sont tous exprimés sous forme de verbes à l'infinitif: il a en effet paru important de caractériser les utilisations par des actions. Celles-ci peuvent être rangées dans plusieurs domaines, dont la plupart concernent la préparation et la consommation de la nourriture:

- le service de table: boire, manger, verser, servir;

- la cuisson des aliments: cuire-bouillir, cuire-frire, cuire-au-four, cuire-mijoter, cuire-autre;

- la préparation des aliments: préparer-mélanger, préparer-broyer, préparer-autre;

- le stockage et le transport des denrées : stocker, conditionner, transporter, porter, ces quatre termes exprimant deux actions à deux échelles différentes (stocker dans le cas d'une conservation à long terme, conditionner pour un stockage à court terme des denrées d'usage quotidien; transporter pour un déplacement sur de longues distances, lié à une commercialisation du contenu, porter pour un déplacement local);

- le terme couvrir est à situer à la fois dans le champ de la cuisson et dans celui du stockage/conditionnement.

Il est certain qu'une telle caractérisation minimale de la fonction des formes de vases est loin d'épuiser le sujet. Cela est évident par exemple pour les vases grecs, pour lesquels la littérature antique, les inscriptions et certains motifs figurés sur les vases nous renseignent bien au-delà des indications restreintes, et donc réductrices, fournies ici. Cette remarque invite à distinguer la fonction de base qui est seule traitée ici, des usages plus précis que l'on peut éventuellement rattacher à telle ou telle forme. Par exemple les aryballes de série AT-FN Ar0, caractérisées ci-après par les termes "conditionner", servaient notamment à contenir l'huile utilisée dans la toilette et différents rituels; ou encore les amphores de type AT-FN Am2c, dont l'utilisation est réduite ici à "conditionner, porter", étaient principalement fabriquées pour servir de prix aux Jeux Pananthénaïques... Mais en face de ces cas connus, combien de forme peuvent bénéficier de telles informations? Très peu, en fait: ce qui explique le choix fait ici, qui permet, en maintenant les notions d'utilisation à un niveau suffisamment simple et schématique, de traiter l'ensemble de la documentation sur un pied d'égalité.

. Chronologie de la forme

La chronologie de chaque forme est énoncée par deux champs: le premier représentant le terminus post quem (TPQ), le second le terminus ante quem (TAQ). Ces dates sont données en positif (sans signe +) lorsqu'elles se situent après le début de notre ère, en négatif (signe -) lorsqu'elles se situent avant notre ère.

Cette fourchette chronologique s'applique la plupart du temps à la période d'attestation de la forme de vase (ou de la série) concernée. Si le TPQ correspond logiquement d'assez près à la date de la création de cette forme dans la catégorie en cause, le TAQ peut accepter un certain décalage par rapport à la fin de cette production, en fonction de la durée d'usage. En général, on admettra que le couple TPQ/TAQ attribué à une forme indique la phase durant laquelle cette forme se trouve attestée en conditions normales, une fois exclus les cas de perduration exceptionnelle.

Pour certaines céramiques bien datées, les termini pourront se rapprocher plus de la période admise pour la production de chaque forme, dans la mesure où ces céramiques sont considérées comme des éléments directeurs privilégiés pour la détermination de la chronologie d'un contexte. Par contre, beaucoup de vases communs admettront des fourchettes très amples rendant compte, non pas toujours de l'imprécision de leur datation, mais de la longue durée de la production de la forme en question.

Il va de soi que les datations fournies pour chaque forme dépendent de l'état des connaissances, très variable d'un cas à l'autre; et que ces dates pourront être affinées à mesure de l'avancement des recherches de terrain, des publications de stratigraphies et des études typologiques.